
FOOTMARKET — À LA RENCONTRE DE ROMAN HOCHARD
20 octobre 2026
Le gardien qui a marqué le football audois
Dans le football audois, Roman Hochard est un visage bien connu. À 31 ans, celui qui a commencé le football à l’âge de 5 ans a porté plusieurs maillots du département, du FAC à l’US Conques, en passant par le HMO et l’AS Espéraza, dont il a accompagné la création en 2019 aux côtés de Samuel Folch.
Entre les titres remportés, les rencontres qui l’ont marqué et une grave blessure qui l’a éloigné des terrains, son parcours s’est construit au fil des expériences. De retour au FAC depuis quelques semaines, le gardien souhaite retrouver son meilleur niveau. Il prépare également un diplôme d’entraîneur aux côtés de Christophe Sire, avec un nouveau projet en perspective.
Pour FootMarket, Roman Hochard revient sur son parcours, son attachement au football local et cette aventure espérazanaise qui reste l’un des chapitres importants de son histoire.
1. Ses débuts et son parcours
FootMarket : Roman, peux-tu te présenter aux lecteurs de FootMarket ? Quel âge as-tu, depuis combien de temps joues-tu au football et comment te décrirais-tu en dehors des terrains ?
Roman Hochard : J’ai 31 ans et je joue au football depuis l’âge de 5 ans. Je suis fonctionnaire à Carcassonne et j’habite à Espéraza. Je suis né à Nîmes, dans le Gard, et je supporte le Nîmes Olympique depuis toujours !
En dehors du terrain, je pense être quelqu’un de très joyeux. Je suis aussi bénévole pour les associations et, paraît-il, plutôt bon cuisinier ! (rires)
FootMarket : Comment as-tu découvert le football et pourquoi avoir choisi le poste de gardien de but ? Est-ce un choix qui s’est imposé naturellement ?
Roman Hochard : Le football a été une évidence pour moi, peut-être grâce à l’engouement autour de l’équipe de France à l’époque. Pour le poste de gardien, la vérité, c’est que je n’ai jamais aimé courir ! J’étais un peu flemmard sur les bords. (rires)
J’ai quand même essayé pendant deux ans sur le terrain, au poste de numéro 9, mais j’ai rapidement remis les gants.
FootMarket : Peux-tu retracer ton parcours depuis tes débuts ? Quels clubs as-tu connus et quelles ont été les étapes les plus importantes de ta carrière ?
Roman Hochard : J’ai commencé le football à Rangueil, avant de rejoindre l’école de football de Quillan. Je suis ensuite parti au FAC en U17 Excellence, sous la houlette de Rémy Zechin.
Après cette période, j’ai rejoint le HMO en seniors, puis je suis revenu à Axat, avant de passer par Quillan, Chalabre et Espéraza. J’ai ensuite rejoint l’US Conques et, depuis trois semaines, je suis de retour à Carcassonne, au FAC.
Chaque club m’a apporté quelque chose. J’ai eu la chance de rencontrer de bonnes personnes et de vivre des expériences différentes, avec des moments forts qui restent gravés.
FootMarket : Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le poste de gardien ?
Roman Hochard : C’est vraiment le côté particulier du poste. On est un peu dans son coin et, lorsqu’on prend une mauvaise décision, on ne peut s’en prendre qu’à soi-même. C’est une responsabilité différente de celle des joueurs de champ. Il faut savoir l’assumer.
FootMarket : Selon toi, quelles sont les qualités indispensables pour être un bon gardien ? Et quelles sont tes propres forces sur le terrain ?
Roman Hochard : Pour moi, la qualité indispensable, c’est la concentration. Un gardien peut passer une grande partie du match sans être sollicité et devoir répondre présent sur une seule action.
Je pense que ma principale force, c’est mon mental. Je suis combatif et j’ai un mental d’acier. Je ne lâche rien, même lorsque les choses deviennent compliquées.
2. Les souvenirs et les rencontres marquantes
FootMarket : Au cours de ta carrière, quels entraîneurs, coéquipiers ou éducateurs t’ont le plus marqué ? Y a-t-il une personne qui a particulièrement contribué à ton évolution ?
Roman Hochard : J’ai vraiment eu beaucoup de chance dans ma carrière. Des jeunes jusqu’aux seniors, je n’ai connu que de très bons entraîneurs.
Christophe Chabot a été un véritable tremplin à une période où je me cherchais encore, avec Fabrice comme entraîneur des gardiens. Mais ceux qui m’ont le plus marqué sont Nico, mon entraîneur des gardiens lorsque j’étais jeune, et Christophe Sire, qui m’a accompagné et qui continue de me suivre aujourd’hui.
Leur rôle a été important dans mon évolution, aussi bien dans mon jeu que dans ma façon d’aborder le poste.
FootMarket : Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ? Un match, une montée, un titre ou un arrêt décisif que tu n’as jamais oublié ?
Roman Hochard : Mon premier titre reste forcément un souvenir particulier. Avec le FAC, nous avons remporté la Coupe de l’Aude contre le FU Narbonne. À l’époque, c’était un derby très chaud, et nous avions gagné chez nous, au stade Mazet.
Mais la rencontre de la montée contre Pieusse, avec l’AS Espéraza, m’a également énormément marqué. Ce sont des moments qui restent avec toi longtemps après le coup de sifflet final.
FootMarket : Un gardien peut parfois faire basculer le résultat d’une rencontre à lui seul. Quel arrêt ou quelle performance individuelle t’a procuré le plus de fierté ?
Roman Hochard : Je pense surtout à certains matchs où l’enjeu et l’ambiance rendaient chaque intervention importante. Le souvenir de la montée avec l’AS Espéraza me revient naturellement, tout comme les grandes rencontres disputées au cours de mon passage au HMO.
Ce sont des matchs où tu dois rester concentré et répondre présent au bon moment.
FootMarket : As-tu connu un match particulièrement difficile, où tu as dû faire face à une grosse pression ? Comment as-tu réussi à gérer ce moment ?
Roman Hochard : Le cinquième tour de la Coupe de France avec le HMO reste l’un des souvenirs les plus marquants. Il y avait un monde incroyable et une ambiance électrique. Ce sont des rencontres qui te font vivre le football autrement.
Il y a aussi le championnat de France de la police, à Rennes. Nous avions terminé troisièmes après avoir battu Marseille 3-0 lors de la petite finale. C’est un autre souvenir fort de mon parcours.
FootMarket : Au-delà du terrain, quelle est la plus belle rencontre humaine que le football t’ait permis de faire ?
Roman Hochard : Sans hésiter, Jean-Claude Michelou. C’est une personne incroyable, aussi bien footballistiquement qu’humainement. Je pense souvent à lui.
Le football permet de rencontrer beaucoup de monde, mais certaines personnes laissent une trace particulière. Il en fait partie.
3. Son passage à l’US Conques et son retour au FAC
FootMarket : Tu as fait le choix de quitter l’US Conques pour retourner au FAC. Quelles sont les raisons qui t’ont poussé à prendre cette décision ?
Roman Hochard : Mon passage à Conques a été une très belle expérience. J’ai tout de suite été accueilli dans cette grande famille. J’ai commencé avec l’équipe de R2, puis, la saison suivante, nous avons été champions de l’Aude avec le groupe 2. Malheureusement, je me suis gravement blessé.
Je n’ai repris le football qu’un an plus tard, avec beaucoup de difficultés. J’ai décidé de resigner à Conques cette saison, mais je sentais que physiquement, j’avais encore du mal à revenir. La concurrence était bonne, mais rude. J’ai participé à la préparation complète et disputé un match avec l’équipe première, mais je sentais qu’il me manquait quelque chose.
J’avais également des soucis personnels qui ne me permettaient pas d’évoluer dans les meilleures conditions. J’ai donc décidé de prendre du recul pour me consacrer à une véritable remise en forme, physique et surtout morale.
C’est à ce moment-là que le FAC m’a contacté, à la suite de la blessure de son gardien. J’ai beaucoup hésité avant de me relancer, puis Christophe Sire est intervenu et m’a convaincu de revenir. Je connaissais déjà plusieurs joueurs du groupe 1, ce qui m’a aidé à franchir le pas.
Il faut aussi souligner que le FAC a continué à m’accueillir aux entraînements, même lorsque je ne jouais plus au club. Je ne l’ai pas oublié.
FootMarket : Quel bilan tires-tu de ton passage à l’US Conques ? Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté, aussi bien sportivement qu’humainement ?
Roman Hochard : J’en garde un très bon bilan. J’ai découvert un groupe accueillant, des entraîneurs investis et une véritable ambiance familiale. Le titre de champions de l’Aude avec l’équipe 2 restera un excellent souvenir.
La blessure a malheureusement compliqué la suite. Cette période m’a appris qu’un retour après une longue absence demande beaucoup de patience et de travail. Il faut accepter de ne pas retrouver immédiatement ses sensations et prendre le temps de se reconstruire.
FootMarket : Pour un gardien, la confiance et les automatismes avec sa défense sont essentiels. Comment as-tu vécu ton retour au FAC et la nécessité de retrouver tes repères avec tes coéquipiers ?
Roman Hochard : Le fait de connaître déjà plusieurs joueurs m’a facilité les choses. Je ne débarquais pas dans un groupe où je ne connaissais personne. Il faut forcément retrouver les automatismes, mais l’accueil et la confiance des personnes qui m’entourent m’aident beaucoup.
Aujourd’hui, mon objectif est de retrouver progressivement mon meilleur niveau, sans brûler les étapes.
FootMarket : Qu’est-ce qui a fait pencher la balance en faveur du FAC ? L’attachement au club, le projet sportif, les relations humaines ou une combinaison de plusieurs facteurs ?
Roman Hochard : Il y a plusieurs raisons. Le projet du club et les infrastructures ont compté. Le FAC veut remettre l’ensemble du club au niveau où il doit être, et c’est un projet intéressant.
Il y a aussi le plaisir de retrouver des têtes que je connais. Les relations humaines ont joué un rôle important dans ma décision.
FootMarket : Quelles sont tes ambitions avec le FAC pour la suite ? Quels objectifs souhaites-tu atteindre collectivement et personnellement cette saison ?
Roman Hochard : Le début de saison se passe déjà très bien de mon côté avec l’équipe 2. Après la période compliquée que j’ai traversée, c’est important de retrouver du plaisir, de la confiance et du rythme.
Cette année, je passe également un diplôme pour entraîner, aux côtés de Christophe Sire. Un projet est en cours et devrait voir le jour prochainement. Je ne vous en dis pas plus pour le moment !
4. La naissance de l’AS Espéraza
FootMarket : Tu as été le binôme de Samuel Folch dès le début de l’aventure en 2019, lorsque vous avez décidé de faire renaître le club de votre village. Comment s’est construite cette idée entre vous ?
Roman Hochard : La naissance de l’AS Espéraza a été une superbe aventure. Avec Sam, un soir, nous rentrions de Chalabre. On s’est posé, on a partagé un petit Ricard et, en rigolant, on a lancé l’idée de relancer le club du village.
Au départ, ce n’était qu’un délire de troisième mi-temps ! Mais la semaine suivante, Sam avait déjà tout lancé. L’idée était devenue concrète très rapidement.
Pour les joueurs et les dirigeants, les choses se sont faites assez naturellement. Nous nous sommes vite rendu compte qu’Espéraza était aussi une véritable terre de football.
La mairie nous a suivis immédiatement. Le rugby nous a également beaucoup aidés et soutenus. Petit à petit, tout s’est mis en place et l’ASE est née.
FootMarket : Quelles ont été les premières étapes pour relancer le club et réunir les joueurs, les dirigeants et les bénévoles autour de ce projet ?
Roman Hochard : Ce qui m’a marqué, c’est la facilité avec laquelle les gens ont adhéré au projet. Nous avons rapidement trouvé des joueurs et des personnes prêtes à s’investir. Le soutien de la mairie a été essentiel, tout comme celui du rugby local.
Nous voulions faire revivre le football dans notre village et nous avons pu compter sur des personnes qui partageaient cette envie. C’est aussi ce qui a donné de la force au projet dès le départ.
FootMarket : Avec le recul, quel regard portes-tu sur le chemin parcouru par l’AS Espéraza depuis sa renaissance ? Quelles sont les réussites dont tu es le plus fier et quels défis restent encore à relever ?
Roman Hochard : Je trouve que le club s’est très bien structuré depuis deux ou trois ans. Aujourd’hui, nous avons une école de football qui fonctionne bien, de nombreux dirigeants et deux équipes seniors. C’est une belle évolution.
Je suis fier de voir le club grandir et continuer à faire vivre le football à Espéraza. Le côté familial est toujours présent, même si je pense que l’ambiance de la toute première année restera particulière. C’était le début de l’aventure, avec toute l’énergie et l’enthousiasme que cela implique.
5. Roman Hochard, une figure du football audois
FootMarket : Dans le football audois, ton nom est connu de nombreux joueurs, dirigeants et supporters. Comment vis-tu cette reconnaissance dans le milieu du football local ?
Roman Hochard : Honnêtement, n’importe quel joueur qui évolue dans l’Aude depuis l’âge de 12 ans finit par être connu. C’est un petit département !
Ce que j’apprécie de plus en plus, c’est de retrouver des visages connus dans les différents clubs et de pouvoir partager un verre avec eux après les matchs. On se raconte des anecdotes de nos jeunes années, on reparle de certaines rencontres… C’est aussi ça, le football amateur. Au-delà des résultats, il y a des relations qui se construisent au fil du temps.
FootMarket : Quel regard portes-tu sur le niveau des gardiens dans le football audois ? Selon toi, qu’est-ce qui distingue un bon gardien d’un gardien capable de faire gagner des points à son équipe ?
Roman Hochard : Pour moi, la différence se joue beaucoup sur la concentration et le mental. Un gardien doit être capable de rester dans son match même lorsqu’il n’a presque rien à faire. Il peut être sollicité une seule fois et devoir sortir l’arrêt qui change tout.
La régularité et la capacité à répondre présent dans les moments importants sont essentielles. Il faut aussi savoir assumer ses erreurs et repartir immédiatement.
FootMarket : Comment vois-tu l’évolution du football amateur dans l’Aude ? Qu’est-ce qui te plaît encore aujourd’hui dans ce football de proximité ?
Roman Hochard : Ce que j’aime toujours, c’est le côté humain. On retrouve des joueurs que l’on connaît depuis des années, on croise d’anciens coéquipiers et on partage des souvenirs autour du football.
Les clubs font vivre leurs villages et leurs communes. Pour moi, cette proximité reste l’une des grandes forces du football amateur.
6. Le gardien derrière les gants
FootMarket : Quelle est ta plus grande qualité en tant que gardien et quel aspect de ton jeu souhaites-tu encore améliorer ?
Roman Hochard : Je dirais mon mental et ma combativité. Je suis quelqu’un qui ne lâche rien. En revanche, je veux encore améliorer mon jeu au pied. Cela fait un mois que je travaille quasiment uniquement cet aspect de mon jeu.
C’est important pour un gardien moderne de pouvoir participer à la relance et d’être à l’aise avec le ballon.
FootMarket : As-tu un modèle ou un gardien professionnel que tu admires particulièrement ? Y a-t-il un joueur dont tu t’inspires dans ta façon de jouer ?
Roman Hochard : Je n’ai pas cité de modèle particulier dans mon parcours, mais j’ai surtout eu la chance d’être bien accompagné par les entraîneurs des gardiens que j’ai connus. Nico, lorsque j’étais jeune, Fabrice à l’Us Conques puis Christophe Sire ont beaucoup compté dans mon évolution.
FootMarket : Si tu pouvais revivre un seul moment de ta carrière, lequel choisirais-tu ?
Roman Hochard : Si je pouvais revivre un moment, je dirais même une saison entière : celle des U17 Excellence. C’est une période qui m’a marqué et à laquelle je repense avec beaucoup de plaisir.
FootMarket : Pour conclure, quel message aimerais-tu adresser aux supporters, à tes anciens coéquipiers et à toutes les personnes qui t’ont accompagné au fil de ton parcours ?
Roman Hochard : Je voudrais d’abord remercier tous les clubs et tous les joueurs qui m’ont soutenu pendant ma blessure. Dans ces moments-là, on se rend compte de l’importance des personnes qui nous entourent.
Je tiens aussi à remercier toutes les personnes bienveillantes que l’on trouve dans le football audois. J’ai eu la chance de rencontrer beaucoup de monde au fil des années, et je n’oublie pas ceux qui ont été présents lorsque j’en avais besoin.
FootMarket remercie Roman Hochard pour sa disponibilité et son témoignage. Son retour au FAC marque une nouvelle étape dans son parcours, avec l’envie de retrouver pleinement ses sensations sur le terrain et de se tourner progressivement vers l’entraînement.